20 C
Dakar
samedi, avril 17, 2021

Corona 2020: Les visages d’une pandémie (Par Adama Gaye)

L’histoire se répète, la preuve par la pandémie de la COVID, et elle le fait d’une manière tragique, en menaçant la survie de l’espèce humaine.

Dans les années 1980, quand la presse écrite n’était pas encore la relique qu’elle est maintenant mais la principale source d’influence des esprits, le grand magazine américain Time consacrait sa couverture à la réalité d’une maladie alors émergente.

Aussitôt, le Sida, le mal dont il s’agissait et qui était causé par le virus du HIV, devenait instantanément une crise sanitaire planétaire.

D’un seul coup ce qui n’était qu’une curiosité épidémiologique pour les experts médicaux troublés par les symptômes qu’elle révélait et une terreur dans les milieux les plus atteints, notamment les cercles artistiques et surtout homosexuels, de la côte Ouest des Usa, se transforma en symbole de la plus grande peur sur le monde.

Time Magazine avait titré sa couverture, d’une formule sobre: Faces of Aids.

En d’autres termes, par une série de photos muettes mais parlantes, il avait aligné des dizaines de visages de personnes emportées par le Sida.

Certaines, y compris le cinéaste Rock Hudson, étaient des célébrités. D’autres, la majorité, des anonymes.

Toutes étaient mortes de cet indéchirable virus et le monde craignait sa propre fin tant il semblait être violent et efficace à mesure qu’il s’attaquait aux défenses immunitaires de ses cibles.

Fast-forward. 40 ans plus tard, l’année 2020 qui s’achève confronte le monde avec un autre défi sanitaire qui n’est pas sans rappeler les origines du Sida, en étant plus dangereuse puisqu’il n’est plus question de s’attaquer aux défenses immunitaires des personnes exposées au HIV. Le mal coronavarien démolit êtres et sociétés en même temps dans une logique associant ses effets néfastes sur les individus et ceux sur l’économie et la vie socio-culturelle.

Plus profond, le mal avance inexorablement. En face, les lignes Maginot s’effondre comme châteaux de cartes.

L’impuissance est à son comble. Depuis bientôt un an, que de la ville de Wuhan, au centre de la Chine, elle déploie son manteau létal, le coronavirus terrorise scientifiques et décideurs publics.

Les politiques de santé sont ridiculisées. Les grands groupes de production pharmaceutique sont entourés d’un doute quasi existentiel quant aux vaccins qu’ils proposent à un public, suspicieux.

Aucun scientifique médical n’a mérité de remporter le Prix Nobel ni de la Paix ni de la Santé en une année où ils semblaient être taillés sur mesure pour leur profession.

Ce qu’ajoute de plus terrifiant la pandémie dite de la COVID-19 portée par le corona, c’est qu’à une crise sanitaire non jugulée, à sa brutalité, s’adjoint une crise économique et sociale voire sociétale dont nul ne doute plus qu’il menace notre avenir, l’humanité.

L’heure est grave. Très grave. Trop grave pour que les politiciens, scientifiques, producteurs de medicines et populations lambdas n’en mesurent enfin la portée destructrice. Car de Valéry Giscard d’Estaing a Manu Dibango, de Pape Diouf a Soumeyla CISSE, de Pierre Ndiaye a Babacar Toure, ce mal qui semble frapper d’abord les hommes, sans oublier tous sexes confondus plus de 300000 victimes déjà aux USA, véritable hécatombe, promet de réduire à néant la signification de la vie terrestre.

L’année masquée, celle des villes fantomatiques, de la peur de la chaleur humaine, de la virtualité, du désert social, bref cette menace qui plane sur nous mérite un regard plus rigoureux et des gestionnaires plus sérieux que les visages profitards, frimeurs, comme celui de l’incapable Ministre de la santé du Sénégal, Abdoulaye Diouf Sarr, ou les shows de chasseurs de buzz, tel Didier Raoult.

La fin de 2020 met sur la table la perspective d’une finitude de l’humanité, c’est à dire de notre espèce.

Ne soyons donc pas catastrophistes mais lucides. Ce virus n’est pas petit.

Adama Gaye*, opposant au régime liberticide de Macky SALL, vit en exil au Caire.

Ps: A venir, les déchets humains de 2020.

Related Articles

Ousmane Sonko sort de son mutisme et dénonce « les multiples violences que subissent les étudiants»

La photo prise hier à l’UCAD à l’heure de la rupture du jeûne a fait réagir le leader de Pastef qui, depuis la fin...

De Ziguinchor où je suis, je viens d’apprendre le décès du doyen des juges Samba Sall.

J'ai rencontré le doyen des juges Samba Sall pour la première fois en 2019 quand il m'envoya à la prison de Rebeuss. Le juge Samba...

Affaire Sonko-Adji Sarr/Les preuves à la table du juge: Le procès aura lieu

La médiation des chefs religieux et l’apaisement qui en a découlé n’y feront rien. En effet, rapporte le quotidien Kritik dans sa livraison de...

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Stay Connected

21,806FansLike
2,507FollowersFollow
0SubscribersSubscribe
- Advertisement -

Latest Articles

Ousmane Sonko sort de son mutisme et dénonce « les multiples violences que subissent les étudiants»

La photo prise hier à l’UCAD à l’heure de la rupture du jeûne a fait réagir le leader de Pastef qui, depuis la fin...

De Ziguinchor où je suis, je viens d’apprendre le décès du doyen des juges Samba Sall.

J'ai rencontré le doyen des juges Samba Sall pour la première fois en 2019 quand il m'envoya à la prison de Rebeuss. Le juge Samba...

Affaire Sonko-Adji Sarr/Les preuves à la table du juge: Le procès aura lieu

La médiation des chefs religieux et l’apaisement qui en a découlé n’y feront rien. En effet, rapporte le quotidien Kritik dans sa livraison de...

Samba Sall, la mort et nous… (Par Adama Gaye)

Ses yeux sont définitivement clos depuis hier, comme le seront les nôtres à une échéance inconnue. Le juge Samba Sall, dont la mort est...

Commission d’enquête: Le M2D dit avoir «pris acte»

 Le Mouvement pour la défense de la démocratie (M2D), un regroupement d’acteurs se réclamant de l’opposition et de la société civile, a indiqué avoir...